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Le combat des Juifs communistes dans la France d’après-guerre

Zoé Grumberg. Militer en minorité ? Le « secteur juif » du Parti communiste français après la Libération. Ed. Presses universitaires de Rennes (PUR), 12/06/2025. 340 pages, 25€

Zoé Grumberg est historienne, spécialiste de l’histoire politique et sociale de la France contemporaine, et plus particulièrement des trajectoires militantes communistes issues de l’immigration. « Militer en minorité ? » est issu de sa thèse de Doctorat et s’inscrit dans le renouvellement historiographique de l’histoire du Parti communiste français, attentive aux acteurs, aux marges et aux minorités. Cet ouvrage analyse le militantisme des Juifs communistes yiddishophones, majoritairement immigrés d’Europe orientale et engagés dans la MOI (Main-d’œuvre immigrée), au sein du Parti communiste français après 1945. La MOI avait été surtout pensée comme un acteur héroïque de la Résistance. L’auteure met l’accent sur le passage à une histoire sociale, culturelle et identitaire du militantisme. La question centrale est la suivante : comment militer en tant que minorité dans un parti se réclamant de l’universalisme, tout en gérant une identité spécifique marquée par la Shoah ?

Comment milite-t-on en tant que minorité dans un Parti se réclamant de l’universalisme et de l’internationalisme, tout en niant officiellement les particularismes identitaires ? À travers cette question, l’auteure interroge les tensions entre identité juive, engagement communiste et intégration nationale dans le contexte spécifique de l’après-Shoah et de la Guerre froide. Ce livre est une enquête historique fondée sur une thèse d’histoire portant sur les militantes et militants juifs communistes yiddishophones, souvent issus de la Main-d’œuvre immigrée (MOI), et leur parcours dans le Parti communiste français après la Libération (années 1945-1950). Le livre offre une analyse rigoureuse et nuancée d’un groupe social encore peu étudié en histoire politique et sociale française : celui des Juifs communistes d’origine étrangère, souvent marginalisés au sein même du PCF. L’ouvrage éclaire de manière précise les conflits identitaires et politiques auxquels ces militants ont été confrontés, tout en s’inscrivant dans des débats plus larges sur la place des minorités dans les mouvements de masse et sur les relations entre immigration, classe sociale et engagement politique dans l’après-guerre.

La MOI a été durablement célébrée comme figure héroïque de la Résistance, alors que les expériences militantes minoritaires de l’après-guerre ont été marginalisées dans l’histoire et la mémoire du PCF. Les trajectoires des militants immigrés communistes ont pu évoluer entre l’engagement clandestin dans la MOI et militantisme encadré au sein du PCF après 1945, et que révèle cette évolution sur les transformations du communisme français. Elle refuse une lecture victimaire ou téléologique, et adopte un positionnement clair dans l’historiographie récente au sujet des minorités. L’auteure s’appuie sur un large corpus d’archives (PCF, MOI, fonds militants, presse juive communiste), et adopte une approche par trajectoires militantes. Elle croise histoire politique, sociale et culturelle, en écartant une lecture strictement institutionnelle ou idéologique du communisme.

L’introduction de l’ouvrage est programmatique, et annonce une étude exigeante. Elle pose trois questions centrales : Que signifie militer en tant que minorité dans un parti se voulant universaliste ? Comment le PCF gère-t-il la spécificité juive après la Shoah ? Comment articuler histoire politique, histoire sociale et histoire des identités ?

Une démarche historique rigoureuse

L’auteure s’appuie sur un corpus varié de sources : archives du PCF, questionnaires biographiques, fonds militants et les entretiens avec descendants de militants. Cette pluralité permet de dépasser des histoires trop « institutionnelles » du Parti Communiste Français, et de donner de la profondeur aux trajectoires individuelles. L’approche par trajectoires est particulièrement féconde : elle met en lumière la diversité des parcours, des fidélités et des prises de distance vis-à-vis du Parti, et montre combien la cohabitation entre identité juive et fidélité à l’internationalisme communiste était souvent difficile.  Historiquement, les études sur le Parti Communiste Français ont souvent eu une perspective centrée sur les structures nationales, parfois au détriment de la diversité interne de ses militants. En se concentrant sur les Juifs yiddishophones, minoritaires mais très présents dans certaines organisations de la MOI, permet de décentrer l’histoire du Parti et d’interroger les tensions entre universalité idéologique et revendications spécifiques.

Un regard social et politique pertinent sur l’après-guerre

L’ouvrage analyse aussi la manière dont les Juifs communistes ont participé à la reconstruction de la vie juive en France, en lien avec les besoins d’assistance, de restitution et de réintégration après la Shoah. Cette dimension rend l’ouvrage pertinent non seulement pour les historiens du communisme, mais aussi pour ceux de l’immigration, des minorités et de la société française d’après 1945. L’étude se concentre spécifiquement sur les Juifs yiddishophones du PCF en France et sur une période bien définie (après-guerre et début de la Guerre froide). Cette focalisation est historiquement justifiée, mais certains lecteurs pourraient souhaiter plus d’articulations avec d’autres minorités étrangères dans le Parti Communiste Français ou des comparaisons plus explicites avec d’autres Partis communistes européens.

Une étude bien structurée autour de six axes. En voici une courte lecture.

Le premier chapitre (Héritages militants et recompositions après la guerre) revient sur l’histoire des Juifs communistes immigrés avant 1939. Elle présente la MOI comme espace d’intégration politique, l’impact de la Shoah sur les structures militantes. L’auteure montre que la Libération ne signifie pas une rupture totale, mais une recomposition fragile. Elle y pointe la déconstruction de l’idée d’un « nouveau départ » en 1945. Ce chapitre essentiel pour comprendre les logiques de fidélité et de reconstruction. Le chapitre 2 (le « secteur juif » du PCF : une structure ambiguë) est centré sur l’analyse du « Secteur juif » (son fonctionnement, ses missions, ses rapports avec la direction du PCF. Ce secteur vise à encadrer des militants juifs, à diffuser le communisme en yiddish, et à gérer les enjeux communautaires. Elle relève la contradiction structurelle : reconnaître une spécificité tout en la niant idéologiquement. C’est l’occasion d’analyser le langage bureaucratique du Parti Communiste Français. Elle explore dans le Chapitre 3 (Militer en yiddish : langue, culture et politique) la place du yiddish comme langue militante, la presse juive communiste, les activités culturelles et éducatives. Le yiddish est à la fois : un outil politique, un marqueur identitaire, un objet de suspicion. Dans le Chapitre 4 (Juifs, communistes et reconstruction de la vie juive), elle montre comment les militants juifs communistes participent : à l’aide aux survivants, à la restitution des biens, à la reconstruction institutionnelle juive. Elle analyse les tensions avec les organisations juives non communistes, le sionisme, et les autorités communautaires. Le sionisme est parfois traité surtout comme contre-modèle. Avec le Chapitre 5 (L’épreuve de la Guerre froide), elle examine le tournant de la Guerre froide, l’alignement du PCF sur Moscou, les conséquences pour les militants juifs. Elle aborde l’antisémitisme en Europe de l’Est, procès staliniens, création d’Israël : autant de chocs idéologiques. Elle relève les dilemmes moraux et politiques et analyse les silences et les loyautés contraintes sans aborder les positions et les actions des autres Partis communistes. Dans ce 6e Chapitre (trajectoires militantes : fidélités, distances, sorties) elle analyse les parcours individuels : le maintien dans le Parti Communiste Français, mise à distance progressive, ruptures silencieuses. Elle insiste sur la pluralité des choix, refusant toute lecture uniforme. Son approche par trajectoires très convaincante ? Elle ne s’inscrit pas dans l’idée d’une dichotomie héros/victimes.

Le livre montre que le militantisme communiste juif de l’après-guerre ne peut être compris ni uniquement par l’idéologie, ni uniquement par l’identité, mais par la tension permanente entre les deux. Elle enrichit l’historiographie de la MOI en dépassant la lecture centrée sur la Résistance armée pour proposer une analyse fine des identités et des tensions internes à la vie politique communiste après-guerre. Son ouvrage dialogue indirectement avec des classiques comme « Le sang de l’étranger, Les immigrés de la MOI dans la Résistance » de Stéphane Courtois tout en ouvrant de nouvelles pistes méthodologiques fondées sur l’histoire sociale et culturelle des militants immigrés.

On peut comparer son travail avec celui du livre « Le sang de l’étranger. Les immigrés de la MOI dans la Résistance » de Stéphane Courtois, Peschanski & Rayski (Ed. Fayard 1989). Les deux livres convergent au sujet de l’importance de la MOI comme acteur central de la lutte antifasciste et de la Résistance communiste en France, notamment via les FTP-MOI (Francs-tireurs et Partisans), et aussi sur la reconnaissance du rôle significatif des immigrés juifs yiddishophones parmi les résistants, notamment à travers des figures comme Missak Manouchian récemment « panthéonisé ». Cependant, des différences voire des divergences sont à noter avec l’ouvrage de Stéphane Courtois. « Le sang de l’étranger » est essentiellement une histoire événementielle et collective mettant en avant le rôle héroïque et stratégique de la MOI dans la Résistance avec une dimension mémorielle forte (LAffiche rouge, combats, arrestations). Le travail de Zoé Grumberg va plus loin dans l’historiographie en insistant sur l’analyse des identités militantes, notamment sur la tension entre engagement communiste et identité juive ; une perspective sociale et catégorielle, centrée sur les trajectoires individuelles après la guerre, pas seulement sur la Résistance armée. Elle met aussi l’accent sur ce que signifie militer en tant que minorité dans un parti universaliste.

Habituellement, les historiographies traditionnelles sur la MOI, comme dans les travaux de Courtois, Peschanski et Rayski, présentent souvent la MOI comme une organisation collective d’immigrés mobilisés dans la lutte antifasciste et la Résistance. L’accent est mis sur la mobilisation armée, la logistique, la persistance des réseaux clandestins et l’héroïsme des combattants. L’approche de Zoé Grumberg est sensiblement différente. À l’inverse, elle aborde la MOI, ou plutôt le « Secteur juif » devenu une réalité après-guerre au sein du Parti Communiste Français, à travers des enjeux de reconnaissance identitaire, de culture (yiddish), et d’intégration au sein du Parti Communiste Français. Elle situe la MOI non seulement dans la lutte armée contre l’occupant, mais dans la vie politique quotidienne après la guerre, quand l’organisation se dissout et que ses militants doivent repenser leur place. Cette lecture élargit la MOI au-delà de l’événementiel de résistants vers une histoire des identités, des minorités et des trajectoires sociales. Dans les travaux antérieurs, la MOI est souvent située dans le cadre de la Résistance antifasciste et de la mémoire nationale d’après-guerre ; l’oubli ou la marginalisation de la MOI dans la mémoire du Parti est un sujet secondaire. Elle met en avant un autre « genre d’oubli » : celui de l’identité minoritaire des militants une fois la guerre terminée et l’organisation dissoute, reflet de la tension entre universalité idéologique du Parti et reconnaissance des minorités. Elle déplace le centre d’intérêt des faits d’armes vers les enjeux sociaux et identitaires après la guerre.

Un des apports du livre est l’attention portée à la langue et à la culture yiddish dans la construction de la militance juive communiste après la guerre. Cette dimension est peu développée dans les travaux antérieurs, qui se concentrent plutôt sur l’action politique et militaire. L’auteure enrichit l’historiographie de la MOI en dépassant la lecture centrée sur la Résistance armée pour proposer une analyse fine des identités et des tensions internes à la vie politique communiste après-guerre. Son ouvrage dialogue indirectement avec des classiques comme le livre « Le sang de l’étranger », tout en ouvrant de nouvelles pistes méthodologiques fondées sur l’histoire sociale et culturelle des militants immigrés.

Comment le Parti Communiste Français a-t-il intégré, encadré et contrôlé les militants immigrés de la MOI entre la Résistance et l’après-guerre ?

Quelles tensions cette gestion a-t-elle révélées entre universalisme idéologique et expériences minoritaires ? En quoi l’expérience des militants juifs issus de la MOI révèle-t-elle les limites de l’universalisme communiste du PCF, entre reconnaissance pragmatique des minorités et effacement politique des identités après la Libération ? Comment le passage de la clandestinité résistante à la normalisation politique de l’après-guerre transforme-t-il les formes d’engagement et de reconnaissance des militants immigrés de la MOI au sein du Parti, et que révèle cette transformation sur les rapports entre classe, nation et identité ? L’histoire des militants juifs communistes issus de la MOI permet-elle de repenser le communisme français non comme un projet d’intégration universaliste, mais comme un espace de négociation permanente entre homogénéisation idéologique et pluralité sociale ? Pourquoi la mémoire de la MOI s’est-elle construite autour de l’héroïsme résistancialiste, tandis que l’expérience minoritaire des militants juifs communistes de l’après-guerre est restée marginalisée dans l’histoire et la mémoire du PCF ?

Plusieurs questions affleurent à la lecture de cet ouvrage solide et bien documenté.

Il serait intéressant de vérifier comment le Parti Communiste Français a été intégré, encadré et parfois marginalisé les militants immigrés de la MOI, et que révèle la comparaison entre la période de la Résistance et l’après-guerre sur les tensions entre universalisme communiste et expériences minoritaires ? Dans quelle mesure la langue et la culture (notamment le yiddish) ont-elles constitué à la fois une ressource militante et un facteur de marginalisation pour les communistes immigrés, de la MOI résistante au « Secteur juif » du PCF ? Cette question est très pertinente pour histoire culturelle et sociale. La gestion des militants immigrés de la MOI et du « Secteur juif » révèle-t-elle les limites structurelles de l’universalisme communiste face à la pluralité des identités sociales et culturelles ? La comparaison entre l’engagement des militants immigrés de la MOI pendant la Résistance et celui des militants juifs communistes après la Libération permet-elle de mettre au jour une tension durable entre l’universalisme revendiqué du PCF et la gestion concrète des expériences minoritaires ? On pourrait aussi se demander dans quelle mesure l’engagement communiste des militants de la MOI a-t-il permis une intégration politique tout en produisant des formes spécifiques de minorisation, notamment pour les militants juifs yiddishophones après la Libération ? D’une certaine façon la MOI a été un vecteur d’intégration (Résistance). Le « Secteur juif » reste un espace ambivalent entre reconnaissance et contrôle.

Dans l’ensemble, Zoé Grumberg signe un ouvrage important pour comprendre comment un groupe « minoritaire » au sein d’un grand mouvement politique tente de concilier des allégeances multiples : au PCF comme organisme politique, à la reconstruction de la vie juive après la Shoah, et à l’appartenance à la société française. Un livre qui contribue à élargir les regards sur le Parti Communiste Français d’après-guerre, en déplaçant le centre d’intérêt des structures vers les individus et leurs réseaux sociaux, et en montrant la place souvent méconnue d’acteurs issus de l’immigration dans la vie politique française de l’époque. Le travail de Zoé Grumberg s’inscrit dans un renouvellement historiographique déplaçant l’analyse de la MOI et du PCF d’une histoire héroïque et événementielle vers une histoire des expériences militantes minoritaires, attentive aux tensions entre universalité idéologique et identités sociales. L’ouvrage est très exigeant, tant par son vocabulaire que par sa densité analytique, ce qui limite son accessibilité au grand public. Le comparatisme international (autres partis communistes, autres minorités) reste limité. La focalisation sur le secteur juif du Parti laisse parfois dans l’ombre les interactions avec d’autres groupes immigrés au sein du PCF.

Ce livre est un document de référence, rigoureux et nuancé, qui montre que le militantisme communiste ne peut être compris uniquement à travers l’idéologie, analysé à partir des expériences sociales concrètes des militants. Il met en lumière les contradictions de l’universalisme communiste face aux expériences minoritaires. Il constitue une contribution essentielle à l’histoire du communisme français, de l’immigration et des minorités dans l’après-guerre. En mettant au jour les tensions entre fidélité politique, mémoire de la Shoah et identité juive, l’auteure offre une lecture profondément humaine et historiquement solide de l’engagement communiste dans l’après-guerre. L’ouvrage est une étude historique sérieuse et bien documentée qui enrichit notre compréhension de la vie politique dans l’après-guerre française. Son intérêt tient autant à la méthode d’investigation rigoureuse qu’à la mise en lumière de trajectoires individuelles minoritaires mais significatives pour l’histoire du PCF, de l’immigration et des relations entre identité et engagement politique. Une étude pour tous ceux qui s’intéressent aux dynamiques internes des mouvements politiques et à l’histoire des minorités en France d’après-guerre. L’histoire récente de Missak Manouchian, la figure réinvestie de Henri Krazucki viennent apporter une lumière nouvelle à l’apport de ces hommes et de ces femmes qui ont donné à la Résistance en France et au Parti Communiste de belles lettres de noblesse… ; malheureusement trop peu connues du large public… A lire, donc !

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