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Kegham Djeghalian, photographe à Gaza

L’exposition « Photo Kegham, une archive inachevable », a été inaugurée au Centre Photographique de Marseille le 16 mai dernier et se poursuivra jusqu’au 12 septembre prochain dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026. Son concepteur est le petit-fils du photographe, qui a hérité du même nom et prénom, lui-même artiste visuel et directeur artistique. Sa première exposition remonte à 2021, au Caire, « Photo Kegham de Gaza : Déballage (travail en cours) », trois ans après la découverte, au domicile de son père, dans cette ville, de trois boîtes reléguées au fond d’un placard depuis des décennies. Celles-ci contenaient des négatifs, des photographies, des cartes postales, des lettres et divers documents (1).

Itinéraire d’un rescapé du génocide, 1915-1944

Parmi ces derniers, la carte d’identité de son grand-père, datée de 1956, où il est indiqué que Kegham Avedis Garabet Djeghalian, photographe de profession, est domicilié dans le quartier Al Zaytoun, à Gaza, qu’il est né en « Anatolie », en 1915. Durant l’été de cette même année, Djemal pacha, commandant de la 4e armée, avait formellement interdit aux employés de la compagnie du chemin de fer de Bagdad de photographier les convois de déportés, ce qui n’a pas empêché un responsable de cette compagnie d’envoyer au siège de la Deutsch Bank une photographie de déportés arméniens entassés dans des wagons à bestiaux (2).

Kegham Djeghalian, nourrisson, a échappé à la déportation grâce à sa mère qui est parvenue à gagner la Syrie. Après la mort de celle-ci, il est envoyé dans un orphelinat du Near East Relief, au Liban, à Byblos. Au début des années 1930, l’adolescent se rend en Palestine, sous mandat britannique, vit à Jérusalem où il enchaîne les petits métiers, dont celui de « tatoueur pour soldats anglais », avant d’être initié à la photographie, « par un Arménien » avait d’abord indiqué son petit-fils. Peut-être s’agissait-il de Johannes Krikorian, successeur de son père, Garabed Krikorian, qui avait ouvert à Jérusalem le premier studio à vocation commerciale ? Ou bien d’Elia Kahvedjian, de cinq ans l’aîné de Kegham, orphelin lui aussi, qui a débuté la photographie dès l’âge de 14 ans, formé tour à tour dans le studio de Johannes Krikorian et celui de Joseph Toumayan. Plus récemment, dans la revue Afterall, le petit-fils de Kegham Djeghalian a écrit que son grand-père avait probablement appris les rudiments de son futur métier à Jaffa, au studio Al-Hamra (3). Aucune trace de ce dernier n’a été trouvée, Al-Hamra, puis Al-Hambra, étant le nom d’un cinéma. Toujours est-il qu’en 1944, Kegham Djeghalian a épousé Zevart Nakashian, à Jaffa.

Celle-ci est la sœur de Hrant Nakashian, né en 1921 à Sébaste (l’actuelle Sivas) qui, après des études à Chypre a rejoint son frère, à Jaffa, où peu le mariage de sa sœur, il fonde le studio Vénus, avec pour emblème la silhouette de la Vénus de Milo. Quant aux jeunes mariés, ils jettent leur dévolu sur Gaza, où ils ouvrent peu après le premier studio, Photo Kegham, où Zevart travaillera au développement de portraits réalisés en studio. Le couple d’Arméniens apatrides est adopté par les Gazaouis, et qu’importe le fort accent du photographe quand il s’exprime en arabe. Leurs trois enfants seront scolarisés dans des écoles arabophones.

Photo Kegham, 1944-1981

Quatre ans après l’ouverture de son studio, Kegham Djeghalian est témoin de la Nakba (la « Catastrophe »), le déplacement forcé de 720 000 Palestiniens lors de la création de l’État d’Israël dont plus de 150 000 ont trouvé refuge dans la bande de Gaza, territoire d’une superficie de 365 kilomètres carrés. Hrant Nakashian et sa famille leur emboitent le pas, quittant définitivement Jaffa, ville assiégée et sans relâche bombardée. Pratiquement du jour au lendemain, la communauté arménienne de Jaffa et de Haïfa, forte de plus de 10 000 personnes, est réduite à 1 000 tout au plus. Du studio Vénus, toutes les archives ou presque ont été détruites (4). À Jérusalem-Ouest, plusieurs centaines d’Arméniens perdent leur maison et leur activité commerciale parmi lesquels la famille Krikorian dont le studio, fondé en 1885, se trouve à proximité de la ligne de démarcation séparant les positions israéliennes des jordaniennes. À Gaza, Hrant Nakashian travaille dans un premier temps avec son beau-frère, puis dans les camps de réfugiés, pour l’UNRWA (5).

Djeghalian n’était pas photojournaliste, il n’a jamais travaillé pour une agence de presse, ce qui ne l’a pas empêché de documenter les événements et conflits survenus sur sa terre d’adoption : les camps construits dans l’urgence, des tentes à perte de vue, les conditions de vie des exilés, les soupes populaires, les enfants dont un petit garçon, allongé sur le sable, le long d’une clôture en fil de fer barbelé, écrivant consciencieusement dans son cahier d’école. En novembre 1956, il photographie l’arrivée des troupes israéliennes dans les villes de Gaza et ses camps de réfugiés, puis l’occupation de cette enclave, jusqu’en mars 1957. Celle-ci a préfiguré le lourd tribut que les Gazaouis n’auront de cesse de payer dans le conflit israélo-palestinien. Gaza a de tout temps incarné l’identité palestinienne, puis constitué un foyer de résistance après la Nakba. La plupart des dirigeants fondateurs du Fatah et de l’OLP étaient issus de ses quartiers surpeuplés et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) y a trouvé ses plus fervents partisans.

Ce ne sont toutefois pas ces photographies que son petit-fils a souhaité montrer, préférant offrir un autre visage de Gaza, largement méconnu : l’aéroport devant lequel posent un père et ses deux enfants, la voie ferrée qui reliait Gaza à l’Égypte, la visite de personnalités parmi lesquelles le jeune officier Anouar El-Sadate, Ernesto Che Guevara tout juste trentenaire, quelques mois après la prise de pouvoir de Fidel Castro, le Premier ministre indien Jawaharlal Nehru passant en revue les troupes de la Force d’urgence des Nations Unies, des stars de la chanson égyptienne dont Abdelhalim Hafez, le « rossignol brun », fervent admirateur de Nasser, ou encore Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre peu avant la guerre des Six Jours.

Parmi les trois cents photographies noir et blanc exposées, aucune n’est datée ni légendée. Ce parti pris s’explique par le souci de s’écarter de l’angle exclusivement historique et politique, comme tel est le plus souvent le cas avec les images de Gaza. Aussi, les registres privilégiés ont trait à des moments paisibles et joyeux : mariages, hommes en complet-cravate et coiffés d’un fez buvant leur café sur un ponton, soirées dansantes, bals costumés, réunions entre proches et amis, plages bordées de palmiers, baignades, jeux d’enfants, sports entre adultes, pique-niques champêtres, etc. Chacun est libre de ressentir ce qui émane de ces images, de ces visages, hommes, femmes et enfants, toutes générations et classes sociales confondues, qui cessent d’être seulement des victimes. Dans l’album de famille, la photographie préférée de Kegham Djeghalian Jr., est celle où deux enfants se promènent tranquillement sur la plage, son père et sa tante, celle-ci passant un bras autour des épaules de son cousin, l’ombre de son grand-père visible au premier plan, sur le sable.

Pour Kegham Djeghalian Jr., ces clichés constituent « un acte de résistance face à l’effacement en cours », d’autant que depuis la première exposition, il a reçu de nombreux messages de personnes qui se souviennent du studio Kegham, y ont parfois posé, ou qui ont reconnu sur les clichés des membres de leur famille, voire des amis. Lors d’un entretien publié dans la revue Komita, il rapporte que « certains envoient des photographies prises de tirages originaux, accompagnés de récits oraux. Les trois boîtes de mon grand-père deviennent ainsi une archive collective participative qui préserve la mémoire visuelle de Gaza. » Plus ce passé est découvert, « plus il est vivant, survivant (6) ».

Photo Kegham, 1967-1981, et les frères Tarazi

Quand les enfants de Kegham Djeghalian sont partis étudier au Caire, Gaza était encore administré par l’Égypte, d’où des déplacements relativement faciles. Mais la situation a radicalement changé avec la  guerre des Six Jours, en 1967, et la seconde occupation israélienne. Le photographe a refusé de rejoindre sa famille en Égypte, de quitter son studio et sa maison, contrairement à son beau-frère, Hrant Nakashian, qui est allé s’installer à Jérusalem, dans la vieille ville, où il a ouvert un magasin d’antiquités. Même après le décès de sa femme, en 1975, Kegham Djeghalian, que certains surnommaient « le photographe fedayin », a décidé de rester. Partir était hors de question, et c’est à Gaza qu’il est mort, en 1981. Le studio, où de nombreux Palestiniens ont fait leur apprentissage, a été cédé à un ami, Gazaoui chrétien, Morris Tarazi, premier assistant de Djeghalian, mais une décennie plus tard, ce dernier est décédé et l’ex-Photo Kegham, rebaptisé Photo Morris, a fermé définitivement ses portes, entrainant la perte d’une grande partie de ses archives.  

Le film documentaire de Tania Krämer, réalisé en 2000, Collected Memories. Photographs of Gaza, permet de découvrir le frère de Morris Tarazi, Marwan, à son domicile, montrant et commentant des photographies du studio Kegham : « Ce que l’on voit, c’est ce qui perdure, c’est très important », dit-il en déplorant que des plaques de verre n’aient jamais été développées (7). Puis, évoquant la Nakba : « Kegham avait connu une situation similaire en Arménie et il considérait Gaza comme sa seconde patrie. » Marwan Tarazi est ensuite filmé dans l’artère principale de Gaza-ville, rue Omar Moukhtar, à l’emplacement du studio Kegham Photo, dont un commerçant se souvient : « Il y avait trois ou quatre photographes, pas plus, Saliba, Coco, mais Kegham était le numéro 1, un expert. » Des photographies du studio ponctuent le film, dont celles de l’acteur russo-américain Yul Brynner, conseiller spécial auprès du haut-commissaire des Nations-Unis venu s’enquérir du sort des enfants de réfugiés. La dernière scène où apparaît Marwan Tarazi a été tournée à l’église Saint-Porphyre, lors d’une liturgie. Or, c’est dans cette paroisse qu’il a été tué, le 19 décembre 2023, avec sa femme, une nièce de 6 mois et une parente de 80 ans, lors d’un bombardement israélien. Comme des centaines de Gazaouis venus s’y refugier, il croyait être protégé.

Tania Krämer s’est aussi rendue en France, pour y rencontrer la fille de Kegham Djeghalian, Anahid, qui se souvient qu’en novembre 1956, lors de l’invasion israélienne, toute la famille, leur père excepté, avait quitté la rue Omar Moukhtar, dangereusement exposée. Avec sa mère et ses deux frères, ils avaient trouvé refuge au domicile de Morris Tarazi et des siens, dans la vieille ville, à côté de l’église Saint-Porphyre ! Lors du tournage, Gaza soumis au blocus israélien, elle disait regretter ne plus être autorisée à se rendre sur place pour revoir ses amies d’enfance. Les échanges devaient se faire par WhatsApp, faute de mieux. Cette impossibilité a également valu pour Kegham Djeghalian Jr, qui n’a jamais pu rencontrer Marwan Tarazi, seulement dialoguer avec lui via Zoom, conversation dont il a conservé la bande sonore et des captures d’écran. Quant aux négatifs et tirages qu’il conservait à son domicile, ont-ils été préservés dans ce territoire anéanti où 80 % des bâtiments ont été détruits ou sérieusement endommagés ?

Images et génocide

En 1915-1916, les leaders unionistes, cette « poignée de brigands d’extraction inconnue » comme les a appelés le photographe Kevork Abdullah, « qui ont commis des atrocités inouïes (8) », avaient formellement interdit de photographier les victimes et les déportés. Des étrangers, militaires et diplomates, médecins et missionnaires, ont enfreint cette interdiction. Néanmoins, les images du génocide restent relativement rares, tout du moins celles qui peuvent être décryptées avec précision. Les images font défaut en raison de facteurs géographiques, les événements s’étant déroulés dans des régions reculées, aux portes de l’Empire, de facteurs techniques aussi, liés au matériel photographique de l’époque. Mais surtout, ce constat peut s’appliquer à toute entreprise d’annihilation d’un peuple pour laquelle il faut, coûte que coûte, effacer toute trace de celle-ci, empêcher la possibilité d’être spectateur, mettre en œuvre une politique d’invisibilité et de déni du témoin (9).  

Un siècle et onze ans après le génocide des Arméniens, Tania Krämer, dorénavant présidente de la Foreign Press Association, a compté parmi les signataires d’une tribune publiée dans Le Monde le 1er juin 2026 : « Voici deux ans et six mois qu’un blocus quasi total est imposé à la presse étrangère dans la bande de Gaza. Deux ans et six mois pendant lesquels la justice israélienne a accordé pas moins de onze reports et prolongations au gouvernement pour justifier l’injustifiable. » Dans un livre majeur, La Mort est en train de changer, Dominique Eddé a également dénoncé cette absence de journalistes étrangers sur « les lieux du crime », la tâche incombant exclusivement aux journalistes palestiniens, assassinés par centaines, y compris dans l’exercice de leur profession, dont « les témoignages et les images ne sont reconnus qu’après validation des médias occidentaux ». Comment comprendre qu’en France, ni les gouvernants ni la majorité des médias et des intellectuels n’ait pas jugé bon de s’alarmer de cette interdiction ?! Pour l’essayiste et romancière franco-libanaise, Gaza est « le point culminant de l’inconcevable accepté, de la tragique défaite de l’humanité, d’un délitement sans précédent de la pensée ».

Son essai s’achève par un remerciement « aux journalistes et aux soignants de Gaza qui sont à la beauté ce que la lumière est au ciel ». Parmi ces journalistes, Rami Abou Jamous est plusieurs fois cité, « homme qui incarne l’humanité, celle-là même que les Israéliens, dans leur grande majorité, ne veulent pas connaître ». Son Journal de bord de Gaza a été récompensé par plusieurs prix, dont celui Bayeux 2024 pour les correspondants de guerre, journal dont le maître-mot est « humiliation », avec description des « raffinements » déployés par l’armée israélienne pour y parvenir : « violence calculée », pour terroriser, déshumaniser, détruire des vies mais aussi des cerveaux, annihiler tous les repères, Gaza comparé à un mixeur géant où tous les Gazaouis sont enfermés, « ça tourne, ça broie, parfois, quelqu’un est éjecté parce qu’il est mort ».

Leila Shahid avait préfacé Journal de bord de Gaza, faisant l’éloge d’un récit personnel, sensible, empreint d’empathie, jamais idéologique, qui restitue « l’humanité et l’universalité de la souffrance ». Mais le 18 février 2026, Leila Shahid s’est suicidée. Elle est « morte de chagrin, de colère et d’impuissance » selon son ami Vincent Lemire. « Leila a créé l’événement en entrant dans la vie de beaucoup de personnes très différentes qui se souviennent avec précision de cette entrée solaire dans leur existence » a pour sa part écrit Dominique Eddé qui avait fait sa connaissance, aux débuts des années 1970, dans les camps de Sabra et de Chatila où toutes deux travaillaient. Une présence rayonnante, mais aussi une voix, à l’inimitable phrasé, à la merveilleuse spontanéité. Ainsi, ce cri du cœur dans le film de Simon Bitton, Les Mille et un jours de Hajj Edmond, en hommage à leur ami Edmond Amran El Maleh (10) : « Edmond, c’est comme un bonbon. »

Dix jours après la mort de Leila Shahid, les États-Unis et Israël lançaient une vague d’attaques contre l’Iran, baptisée par les premiers « Fureur épique » et par les seconds « Lion rugissant ». Début mars 2026, Rami Abou Jamous s’est dit choqué par la couverture médiatique occidentale vis-à-vis de « la guerre contre les mollahs », cherchant en vain des paroles de soutien pour le peuple iranien que Trump menace de « renvoyer à l’âge de pierre ». À Gaza, en dépit de l’annonce d’un cessez-le-feu, il ne cesse de marteler que celui-ci « n’existe pas », photographies et articles à l’appui. Le 22 mai 2026, Orient XXI a mis en ligne un texte intitulé « Je sais que je suis sans doute condamné à mort », lui, mais aussi les siens, sa femme et leurs deux enfants, voire ses voisins, « les Israéliens ne faisant aucune distinction ». Pourquoi a-t-il refusé de partir, alors qu’il était autorisé à le faire ? Parce que pour lui, quitter Gaza est hors de question, c’est sa manière de « résister, avec un stylo, un carnet et une caméra ».

Quelques années après la découverte des archives de son grand-père, il n’est pas étonnant que pour Kegham Djeghalian Jr. « la grande histoire » ait pris le pas sur l’histoire familiale : « Elle m’a rattrapé, débordé même. Plus j’exhume ces boîtes, plus mon grand-père disparaît pour laisser place à un carrefour de vies, de courages, de silences, d’humanité ». Et c’est bien l’humanité qui est au cœur de cette exposition, qui constitue aussi sa force, coupant court à toute critique ou insinuation tendancieuse, telles celles exprimer à l’occasion de rencontres organisées au Mucem, les 21 et 22 mai dernier, Faire face à l’anéantissement de Gaza. Créations, accueils, engagements. Ces photographies montrent la vie, la joie, l’amour, l’amitié. On peut semer la mort, engendrer le chaos, briser méthodiquement des existences, dénigrer la souffrance d’autrui, mais on ne peut pas détruire le temps des vies. La mémoire survit.

Parmi ses ouvrages, Une histoire arménienne. La photographie dans l’Empire ottoman (Elytis, 2018) et Salonique, 1870-1920 (CNRS Éditions, 2023)

Notes

(1) Pour les expositions antérieures, d’abord au Caire, puis à la biennale de Sharjah (Émirats arabes unis) : https://english.ahram.org.eg/News/406279.aspx et https://hadaramagazine.com/negatives-come-to-life/ L’exposition actuellement à Marseille se poursuivra à Bristol, puis à Anvers.

(2) Le 17 août 1915, Franz Günther, qui dirigeait les opérations de la Bagdad Railway Company, écrit au président du conseil d’administration de la Deutsche Bank : « Il faut remonter loin dans l’histoire de l’humanité pour trouver un exemple de cruauté aussi bestiale que l’extermination des Arméniens dans la Turquie d’aujourd’hui. » Deux mois plus tard, Günther envoie un nouveau rapport, dans lequel il joint une photographie de déportés, avec ce commentaire : « Ci-jointe une image représentant le chemin de fer anatolien comme un vecteur de civilisation en Turquie. Il s’agit de wagons à bestiaux dans lesquels 880 personnes sont transportées dans dix wagons. » Emmanuel Alloa, “Afterimages: Belated Witnessing in the Photographs of the Armenian Catastrophe”, Journal of Literature and Trauma Studies, University of Nebraska Press, vol. 4, Spring/Fall 2015, p. 45-68.

(3) https://www.afterall.org/articles/unboxing-gaza/

(4) Une des rares photographies sauvegardées, compte Instagram lostlevantarchives, « Young child, ca. 1946 ».

(5) Rona Sela, « In the Eyes of the Beholder – Aspects of Early Palestinians Photography”, https://cdn-cms.f-static.com/uploads/2433480/normal_5d4dc16a64591.pdf et https://thisweekinpalestine.com/daybreak-in-gaza/

(6) « Le studio photo de Gaza », portefolio du n°13 de la revue Kometa, mai 2026, Si la Palestine était le centre du monde, p. 16-31.

(7) https://www.assopalestine13.org/Un-nouveau-documentaire-explore-Gaza-grace-aux-photos-du-photographe-armenien

(8) Kevork Abdullah, Le Kaiser rouge, pamphlet publié en 1919, à titre posthume, au profit de l’hôpital arménien de Yedikule, Surp Pirgiç. Kevork et ses frères, Viguen et Hovsep, avaient fondé un studio à Constantinople en 1858. Les frères Abdullah ont été les premiers photographes officiels de sa Majesté Impériale le Sultan, en 1863. Ce célèbre studio a fait faillite en 1899. http://dictionnairedesorientalistes.ehess.fr/document.php?id=313

(9) Benedetta Guerzoni, « Le nouvel usage des images du génocide des Arméniens après 1965 et le canon de l’Holocauste », Le Génocide des Arméniens. Représentations, traces, mémoires, Québec, Presses de l’université Laval, 2017 (en ligne) ; Dzovinar Kévonian, « Photographie, génocide et transmission : l’exemple arménien », Les Cahiers de la Shoah, 2004/1, n° 8, pp. 119-149 ; Tessa Hofmann, Geraryer Koutcharian,  « “Images that horrify and indict”: pictorial documents on the persecution and extermination of the Armenians from 1877 to 1922 », Armenian Review, Watertown, 1992, pp. 53-184 ; Abraham Krikorian et Eugene Taylor ont publié plusieurs photographies sur le site du Armenian News Network.

(10) https://www.tv5mondeplus.com/fr/documentaires/portraits/les-mille-et-un-jours-du-hajj-edmond

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