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Les déroutés – Nawfal Merzaq

Avec un diplôme national d’expert-comptable à l’ISCAE et une formation HEC Paris, Nawfal Merzaq a débuté sa carrière dans une banque marocaine. Il a ensuite intégré une grande entreprise publique en tant que sénior manager. Parallèlement à cette activité de haut niveau, il cède au plaisir de l’écriture.
Pour son premier ouvrage “L’ermite et l’oiseau” Nawfal Merzaq a reçu le prix 2M pour la création littéraire dans la catégorie roman francophone, 2010/2011. Il nous propose un nouveau roman “Les déroutés”, sorte de thriller se déroulant dans notre époque tourmentée et dans une zone géographique qu’aujourd’hui, il vaut mieux éviter.

Ali Zollot est un homme jeune qui mène ce que l’on peut appeler une vie de “patachon”. Travaillant dans une banque il n’éprouve aucun intérêt pour un métier qui demande rigueur et assiduité. Bien que, manifestement, cela ne suffise pas à le rendre heureux, il préfère traîner avec ses tristes compagnons de beuverie dans des bars glauques de Casablanca.
Cette vie chaotique finit par lasser Rawya, magnifique jeune femme, dont il n’avait pas réalisé avant qu’elle ne le quitte, à quel point il tenait à elle. Pour la retrouver, mais peut-être aussi pour se trouver lui-même, il s’engage, sans vraiment le vouloir, dans un périple plein de dangers, de peurs, d’évènements dramatiques qui l’amènera jusqu’au plus profond du Sahel. Il va côtoyer des personnages variés qui lui donneront une image réaliste de l’humanité. Ce voyage lui permettra de réaliser que les petites choses de la vie, les actes quotidiens, les habitudes, l’amour des siens constituent le vrai bonheur.

Je réalisais à quel point ça valait le coup de vivre. Une belle femme, un lit chaud, un bon steak, une tasse de café, l’amour de quelqu’un, un oreiller propre, quelques heures de sommeil sans sursauts, un réveil sans nœuds dans l’estomac, l’intimité dans les toilettes, les rayons de soleil, une simple respiration sans dyspnée… autant de petites choses que je croyais simples mais qui sont en réalité des miracles. (…) Je me jurai alors, au-dessus du fleuve Niger, de m’en souvenir jusqu’à mon dernier souffle.

C’est parce qu’elle lui ouvre le chemin d’un nouveau destin que l’on peut qualifier cette aventure d’initiatique. Mais Ali réussira-t-il à orienter sa vie en fonction de cette découverte ou persistera-t-il dans une sorte de descente aux enfers ?
Ce livre, facile et agréable à lire, nous donne un aperçu de la littérature marocaine francophone actuelle.

Robert MAZZIOTTA
article@marenostrum.pm

Retrouvez cet ouvrage sur le site de l’EDITEUR

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On ne s’attend pas toujours à ce qu’un roman nous serre le cœur avec des souvenirs qui ne sont pas les nôtres.

Et pourtant, La Petite Vie d’Antoine Cargoet réussit ce miracle : faire résonner l’universel dans le murmure du personnel. Premier roman d’une maîtrise rare, ce récit retrace, avec pudeur et intensité, l’histoire d’un fils qui, face à la disparition de son père, tente de recoller les morceaux d’une mémoire ordinaire et pourtant essentielle. Rien de spectaculaire ici — juste des instants vrais, une lumière jaune sur un salon, des trajets en voiture, des films partagés en silence.

Coup de maître d’un écrivain discret, La Petite Vie redonne à la tendresse sa pleine place littéraire. Il ne s’agira pas d’oublier ce livre, mais de le garder auprès de soi, comme une photo un peu floue, un peu précieuse.

 

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