0
100

Le Mercenaire – Paul Crozat

En découvrant le titre du roman de Paul Crozat, “Le mercenaire”, on songe immédiatement à un homme en armes, soldat sans foi ni loi, mettant ses talents guerriers et son éthique élastique à disposition du plus offrant afin de remporter les guerres les plus sales. Rien de tout cela ici puisqu’en guise de guerre, Paul le héros du roman mène essentiellement celle du savoir et de l’enseignement. Recruté dans un établissement du Caire en tant qu’enseignant d’Histoire Géographie dans le secondaire, il se retrouve remplaçant en primaire suite à un imbroglio qui ne sera que le premier d’une longue série.

Paul Crozat est lui-même professeur d’Histoire-Géographie, il a enseigné dans plusieurs pays étrangers et son roman est imprégné de ce parcours : avec un humour parfois grinçant il dénonce les petits travers de l’enseignement français à l’étranger, forçant parfois le trait jusqu’à la caricature et l’on sourit souvent de ces personnages, hauts en couleurs et en défauts, que l’auteur croque à plaisir. De personnages variés le livre regorge, de la troublante Anastasia à Bou-Bou le Proviseur et l’on se familiarise petit à petit avec cette galerie de portraits que ne renierait pas un auteur de Bandes dessinées. Le livre est aussi un puits d’érudition, les citations y sont nombreuses et les incises historiques balisent le récit et lui donnent l’assise des ans sans jamais prendre le dessus sur l’intrigue. Le roman est également une photographie contemporaine des pays évoqués, particulièrement de l’Égypte actuelle, ballottée entre modernité et histoire séculaire, tentation d’émancipation et repli communautariste, merveilles du passé et mystères d’aujourd’hui et l’on se prend à rêver de s’y promener bientôt.

Alain LLENSE
contact@marenostrum.pm

Crozat, Pierre, “Le Mercenaire”, 01/04/2021, 1 vol. (168 p.), 17,20€

Retrouvez cet ouvrage sur le site de L’ÉDITEUR

Vous avez aimé cet article ?

Média indépendant et sans publicité, Mare Nostrum propose un accès libre à tous ses contenus. Seul son lectorat lui permet d’exister.
Une information exigeante a un coût : soutenez nous
(dons déductibles).

Pour contacter la rédaction – contact@marenostrum.pm


On ne s’attend pas toujours à ce qu’un roman nous serre le cœur avec des souvenirs qui ne sont pas les nôtres.

Et pourtant, La Petite Vie d’Antoine Cargoet réussit ce miracle : faire résonner l’universel dans le murmure du personnel. Premier roman d’une maîtrise rare, ce récit retrace, avec pudeur et intensité, l’histoire d’un fils qui, face à la disparition de son père, tente de recoller les morceaux d’une mémoire ordinaire et pourtant essentielle. Rien de spectaculaire ici — juste des instants vrais, une lumière jaune sur un salon, des trajets en voiture, des films partagés en silence.

Coup de maître d’un écrivain discret, La Petite Vie redonne à la tendresse sa pleine place littéraire. Il ne s’agira pas d’oublier ce livre, mais de le garder auprès de soi, comme une photo un peu floue, un peu précieuse.

 

À LA UNE - À LA UNE - À LA UNE - À LA UNE - À LA UNE - À LA UNE - À LA UNE - À LA UNE
Soutenez notre cause - Soutenez notre cause - Soutenez notre cause

Pour que vive la critique littéraire indépendante.

Nos articles vous inspirent ou vous éclairent ? C’est notre mission quotidienne. Mare Nostrum est un média associatif qui a fait un choix radical : un accès entièrement libre, sans paywall, et sans aucune publicité. Nous préservons un espace où la culture reste accessible à tous.

Cette liberté a un coût. Nous ne dépendons ni de revenus publicitaires ni de grands mécènes :
nous ne dépendons que de vous.

Pour continuer à vous offrir des analyses de qualité, votre soutien est crucial. Il n’y a pas de petit don : même une contribution modeste – l’équivalent d’un livre de poche – est l’assurance de notre avenir.

autres critiques
Days :
Hours :
Minutes :
Seconds