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La catégorie “Culture arabe dans une autre langue” reconnaît les œuvres écrites produites dans des langues autres que l’arabe, abordant la civilisation et la culture arabes, y compris les sciences humaines, les beaux-arts, la littérature (romans, nouvelles, poèmes) et l’histoire. Voici la sélection :

Gabriel Martinez-Gros est né à Oran (Algérie) en 1950. Agrégé d’histoire, il est spécialiste de l’histoire politique et culturelle d’al-Andalus. Gabriel Martinez-Gros est professeur d’histoire médiévale du monde musulman à l’université de Paris-X. Il a codirigé avec Lucette Valensi “l’Institut d’études de l’islam et des sociétés du monde musulman” jusqu’en 2002. En 2012-2013, il donne des cours à “l’École du Louvre” dans le cadre du cours “Les dynasties berbères et le Maroc impérial (XIe – XIIIe siècles)”. Il travaille très activement sur l’historien arabe Ibn Khaldûn.
Dans “Brève histoire des empires” (2014) comme dans “Fascination du djihad. Fureurs islamistes et défaite de la paix” (2016), il soutient que les empires se constituent autour d’une élite violente qui soumet les sédentaires, éléments les plus civilisés de l’empire. Quand cette élite militaire s’amollit, elle fait appel à de nouveaux bédouins qui secondent puis supplantent l’ancienne élite. Les apprentis djihadistes aujourd’hui ne dérogeraient pas fondamentalement à ce modèle et seraient attirés par la prospérité de l’Occident et les prébendes qu’ils attendent de son pillage.
Dans son ouvrage en compétition, il conte l’histoire des cinq siècles de l’Empire islamique, de la mort du Prophète en 632 à l’éviction des Arabes des structures de pouvoir et à l’émergence des sultanats turcs au XIe siècle, en passant par les conquêtes, la mise en place du califat, l’éclosion et la chute des dynasties abbasside, omeyyade ou fatimide. Mais pour éviter le biais d’une histoire de l’Islam vue d’Occident – ou l’essor de l’un est inévitablement le déclin de l’autre – l’auteur convoque les quelques rares voix qui nous parviennent encore du fond de l’histoire islamique. Ces voix, ce sont celles des historiens arabes médiévaux, dont Ibn Khaldûn. Ainsi émerge une tout autre perception de l’Empire islamique, où les dynasties se consolident dans la première génération de leur existence, atteignent leur floraison dans la deuxième, vieillissent et agonisent dans la dernière. C’est donc à une triple réflexion que nous invite ce livre admirable et singulier : d’abord sur l’histoire de l’Islam médiéval, ensuite sur la dynamique impériale, enfin sur l’écriture de l’histoire. Son dernier ouvrage “De l’autre côté des croisades. L’Islam entre croisés et mongols” a fait l’objet d’une chronique sur notre Site.

Lara Harb est spécialiste en littérature arabe classique et la théorie littéraire. Elle s’intéresse notamment à la poétique comparative et aux différentes conceptions du “littéraire”, à la réception de la Poétique d’Aristote en arabe et à l’influence mutuelle des littératures arabe et persane. Son premier livre, “Arabic Poetics : Aesthetic Experience in Classical Arabic Literature” (2020), présente l’argument inédit selon lequel l’émerveillement est devenu l’expérience esthétique déterminante du langage poétique dans la théorie littéraire arabe classique. Cette esthétique a commencé à se manifester dans les ouvrages postérieurs au Xe siècle sur la critique poétique, le caractère miraculeux du Coran et la philosophie, ce qui offre un changement de paradigme majeur par rapport à la critique antérieure dont le cadre était fondé sur les notions de véracité et de naturel. Son projet de livre actuel, provisoirement intitulé “Mimesis in Classical Arabic Literature”, pour lequel elle a reçu une bourse du “National Endowment for the Humanities” (NEH), étudie les conceptions de la représentation littéraire et sa relation avec la réalité dans la littérature arabe classique.
Lara Harb a enseigné des cours de premier cycle sur les “merveilles et le merveilleux dans la littérature arabe classique”, la nature de la réalité dans la littérature arabe médiévale et les “Mille et une nuits”, ainsi que des cours de deuxième cycle sur la poésie arabe, la théorie littéraire arabe et les Maqāmāt.
Lara Harb a rejoint le corps professoral du département d’études du Proche-Orient à Princeton en 2015, après avoir été professeure adjointe au Dartmouth College. Elle a obtenu un doctorat en études moyen-orientales et islamiques à l’Université de New York et une licence en littérature comparée de l’Université de Brown. Sa thèse de doctorat a remporté le prix S. A. Bonebakker de la meilleure thèse de doctorat en littérature arabe classique en 2014.

Alexander Belivacqua est un auteur et professeur d’histoire est né à Milan. Après avoir suivi des études au sein des universités d’Harvard, de Cambridge et de Princeton, où il achève son doctorat en Histoire en 2014, il est désormais assistant professeur d’Histoire européenne au Williams College dans le Massachussetts.
Il a publié de nombreux articles dans les ouvrages suivants : “Histoire des Idées Européennes”, “Journal de l’Histoire Moderne”, “Journal des Études Coraniques”, “Journal des Instituts Warburg et Courtauld “, et “Passé et Présent”. Alexander Belivacqua fut un “junior fellow” à la Société des Fellows d’Harvard entre 2014 et 2017. Il a ensuite reçu le titre de “fellow” à la Bibliothèque Huntington, l’Institut Warburg, et le Wissenschaftskolleg à Berlin.
“La République des Lettres Arabes : Les Lumières européennes et islamiques” est l’ouvrage d’Alexander Belivacqua qui a été sélectionné pour le prix Sheikh Zayed 2021. Il traite de la façon dont la compréhension européenne de l’Islam a évolué entre le XVIIe et le XVIIIe siècle. Il se concentre sur l’étude européenne de la langue arabe et des manuscrits arabes, reconstruisant les efforts considérables des chercheurs occidentaux pour comprendre l’Islam et ses traditions religieuses et intellectuelles.

Tahera Qutbuddin a obtenu son master et son doctorat à l’Université d’Harvard, après avoir terminé sa licence à l’Université Ain Shams du Caire. Aujourd’hui, elle est professeur de Littérature Arabe à l’Université de Chicago.
Ses recherches se concentrent sur les intersections du littéraire, du religieux et du politique dans la poésie et prose classique arabe. Elle a récemment publié “Oraison Arabe : Art et Fonction” (Brill, 2019) qui est l’ouvrage sélectionné pour le prix Sheikh Zayed ; “Lumière aux Cieux : Paroles du Prophète Muhammad” (NYU, 2016). Elle est également l’auteure de “Un Trésor de Vertus : Paroles, Sermons, et Enseignements d’Ali” (NYU, 2013). Tahera Qutbuddin fait partie du comité éditorial de la revue Bibliothèque de la Littérature Arabe (Presses Universitaires de NYU), et elle a occupé divers “fellowhips” (chaires) à “l’Institut Franke d’Humanités”, du “Conseil Américain des Sociétés Savantes”, la “Corporation Carnegie” de New York, et la “Fondation John Simon Guggenheim”.
Dans “Oraison Arabe : Art et Fonction”, Tahera Qutbuddin traite de l’art oratoire (khataba), qu’elle considère être l’un des genres littéraires les plus importants de la prose arabe. Elle analyse des discours et sermons du prophète Muhammad, mais aussi d’Ali et d’autres chefs militaires et politiques, ainsi que de femmes. Elle en retient le thème, la structure, le style, mais aussi l’audience que le texte vise.

Conception graphique : Morgane BEDU, vice-présidente de Mare Nostrum
Communications & Creative Manager

Traduction : Éliane BEDU, présidente de Mare Nostrum
Undergraduate reading “Theology, Religion and Philosophy of Religion” at the University of Cambridge

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