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Une robe peut-elle faire basculer le cours d’un destin ? Beaucoup vous diront que la mode est une obsession futile, les vêtements sont un simple outil du quotidien, et rien de plus. Mais qui oserait dire que la robe en Jersey de Gabrielle Chanel, ou la robe Mondrian d’Yves Saint-Laurent n’ont pas été un tournant dans la vie de ces créateurs ? Ces modèles ont révolutionné le monde de la mode, se sont invités dans les armoires des femmes du monde entier, partageant toutes la même robe, mais aux destinées si différentes.
Dans « La robe : une Odyssée », Catherine Le Goff, psychologue de formation, prouve que le vêtement n’est pas qu’un accessoire rudimentaire, mais bel et bien une force fédératrice, un ami silencieux qui accompagne son propriétaire au cours de sa vie dans toutes les joies, et dans toutes les tragédies.
Le sous-titre du roman est très évocateur : « L’Odyssée ». Tel Ulysse, la robe du roman de Catherine Le Goff va traverser les époques et les continents, témoin de la grande Histoire, actrice de la petite. Contrairement au guerrier de Troie, elle ne rejoindra pas sa demeure au bout de dix ans. Elle errera en exil pendant plus de cent ans, passant de main en main, subissant de multiples modifications artistiques.
Ce « simple bout de tissu » emmène le lecteur dans une course folle. Observatrice muette, la robe assiste aux heures les plus sombres de notre histoire contemporaine, survivant aux camps de concentration et aux attentats du 11 septembre 2001, et participe à la libération d’un peuple avec la chute du mur de Berlin. Mais avant tout, la robe est un objet de l’intimité, provoquant rencontres amoureuses, ou au contraire les crises de jalousie d’une épouse suspicieuse.
Passive, elle est un personnage à part entière, faisant graviter autour d’elle une dizaine de personnages que tout oppose. Elle les rapproche, les fait se croiser : une simple cuisinière qui vient de quitter sa campagne, un grand couturier, une cantatrice, une actrice de théâtre partagée entre Berlin Est et Ouest, une espionne russe, une chanteuse de Jazz, ou encore une ancienne mannequin.
Grâce au style léger et touchant de l’auteure, les événements s’enchaînent avec simplicité et génie, entraînant le lecteur dans une aventure improbable à travers les siècles. Une fois en main, « La robe : une Odyssée » est un roman qu’on ne peut plus lâcher. Une chose est sûre, après l’avoir lu, vous ne regarderez plus cette vieille robe qui traîne au fond de votre placard de la même manière…

Éliane BEDU
contact@marenostrum.pm

Le Goff, Catherine, « La robe : une odyssée », Favre, « Romans », 24/11/2020, 1 vol. (304 p.), 19,00€

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